Attiser le feu : Pour le Bien d’un Seul Enfant

 
 
 
À la mi-août 2017,
l’École Internationale du Sacré-Cœur de Tokyo, Japon,
a accueilli la toute première Conférence des Éducateurs
du Sacré-Cœur d’Asie-Pacifique.
 
 
 
Au corps enseignant et au personnel de l’École Internationale se sont jointes soixante collègues du Sacré-Cœur provenant de six écoles de religieuses du Japon, ainsi que d’écoles et de missions en Inde, en Corée, à Taïwan, au Vietnam, en Indonésie et en Australie. Les conversations pleines d’enthousiasme et les nombreux rires entendus lors du dîner de pré-conférence ont clairement montré que nos liens du Sacré-Cœur donnaient très vite aux étrangers l’impression d’être de vieux amis. 
 
Inspirés par la conférence Roots That Give Us Wings (« Les Racines qui nous donnent des ailes ») de 2015 à St Charles (États-Unis), les organisateurs de cet événement ont invité Sœur Kathleen Hughes, de la province États-Unis – Canada, et M. Sergio Vasquez, ancien directeur du lycée de Théologie et de Vie Spirituelle aux Écoles du Sacré-Cœur du Couvent et de Stuart Hall (San Francisco), pour animer la conférence de Tokyo devant 127 participants provenant de vingt pays différents. Le thème Attiser le feu : Pour le Bien d’un Seul Enfant a axé la conversation sur l’héritage de nos mères fondatrices, Sainte Madeleine Sophie Barat et Sainte Rose Philippine Duchesne. Ce rassemblement a donné l’occasion à chaque participant de partager des idées sur ce que signifie être un éducateur du Sacré-Cœur dans le monde d’aujourd’hui et de mieux comprendre ce rôle.
 
 
 
Le premier jour, Sœur Mieko Uno, présidente du Conseil des directeurs des écoles du Sacré-Cœur au Japon, a partagé des pensées sur l’Éducation du Sacré-Cœur dans le monde d’aujourd’hui. Dans son discours, Sœur Uno a parlé d’attiser nos cœurs avec la flamme qui brûlait dans le cœur de Madeleine Sophie, notre fondatrice ; une flamme qui s’est répandue dans le monde entier, avec le rêve que tout le monde puisse vivre plus humainement dans la joie et la liberté. Elle a expliqué que la Société du Sacré-Cœur était internationale depuis ses débuts, bien avant que la citoyenneté mondiale ne devienne une expression à la mode. L’internationalité et la vision de Ste Madeleine ont envoyé Philippine Duchesne en Amérique et, en définitive, dans 147 écoles réparties dans une trentaine de pays à travers le monde. Le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui est assez différent du monde de Ste Madeleine et de Ste Philippine. Mais le besoin de reconnaître la valeur d’approfondir notre intériorité, dans ce monde où nous sommes susceptibles de voir et de réagir aux choses à un niveau superficiel, n’a jamais été aussi pertinent. Donner à nos élèves l’occasion de faire l’expérience du silence et de la réflexion a été présenté comme une préparation essentielle pour leur avenir. Sœur Uno a conclu son discours avec les mots suivants, prononcés par Janet Erskine Stuart :
 
Il faut donc se rappeler qu’il vaut mieux commencer une grande œuvre que d’en achever une petite… le travail à l’état brut… peut sembler laid mais il est plein de promesses… Achever une œuvre insignifiante n’est pas un véritable succès… Notre éducation ne prétend pas produire un effet petit et définitif chez les enfants, son but est en revanche de leur offrir des bases plus larges. Par conséquent, ils doivent nous quitter avec une certaine connaissance d’eux-mêmes, avec de l’énergie, avec un but… S’ils nous quittent sans ces trois choses, ils se laissent emporter par le courant de la vie.
 
 
 
Sœur Kathleen Hughes a prononcé un discours sur les Images du Sacré-Cœur – Être le Cœur de Dieu sur Terre. L’auditoire est resté silencieux, ébahi par la riche diversité d’assimilation de cultures et d’époques représentant des images du Sacré-Cœur. Sœur Kathleen a encouragé les éducateurs du Sacré-Cœur à être le cœur du Christ sur Terre et à montrer de l’amour aux élèves sous notre responsabilité. Elle a mené les participants en Vision Divine, en Priant avec Art, pratiques que les enseignants pourront reproduire avec leurs élèves. Avec une énergie débordante, Sœur Kathleen a également présenté le bicentenaire de Philippine Duchesne, qui célèbre l’arrivée de cinq religieuses du Sacré-Cœur en Amérique, l’anniversaire de la province US, l’éducation du Sacré-Cœur aux Amériques et le 200e anniversaire de l’internationalité de la Société du Sacré-Cœur. Les formidables ressources qu’elle a partagées trouveront place, sans l’ombre d’un doute, dans de nombreuses salles de classe de la région Asie-Pacifique.
 
 
 
Sergio Vasquez, qui a prononcé son discours le vendredi matin, avait préparé la scène avec de merveilleux écrans montrant les idées universelles que les religions du monde ont en commun. Dans Notre Mission Éducative en Action Aujourd’hui : Une Invitation, les participants pouvaient choisir parmi cinq objectifs celui auquel ils se sentaient le plus connectés et former ensuite un groupe de discussion autour de cet objectif. Dans leurs groupes, ils ont réfléchi à ce que leurs écoles font à la fois collectivement et individuellement pour répondre aux critères de cet objectif particulier du Sacré-Cœur. Ils ont exposé leurs idées et ont pu en apprendre davantage sur l’objectif qui résonnait le moins en eux. 
 
 
         
 
D’autres présentations ont traité un large éventail de sujets, tels que le discours du Pasteur Ivan Martinez, de la Tokyo Union Church, invitant à réfléchir à la question « Qu’est-ce qui façonne notre spiritualité ? ». Dans sa dynamique présentation, Mme Hilary Johnston-Croke, de Kincoppal-Rose bay (Sydney) a réfléchi à ses 12 années en tant que Directrice d’une école du Sacré-Cœur. Nous avons vécu d’autres moments forts avec les présentations de deux rscj du Japon : Sœur Masako Egawa, qui a parlé des efforts en cours pour soutenir les personnes touchées par la triple catastrophe survenue au Japon en mars 2011 (séisme, tsunami et accident nucléaire), et Sœur Ikuko Horiguchi archiviste provinciale et historienne au Japon, qui a proposé un récit fascinant de l’histoire du réseau du Sacré-Cœur et de son expansion de la France aux États-Unis, en Australie, au Japon et au-delà. Nous avons appris que nous sommes juchées sur les épaules de visionnaires et, de là-haut, nous pouvons trouver l’inspiration et prendre pour modèles ces femmes pleines de courage et de confiance.
 
 
         
 
Les personnes présentes à la conférence ont été encouragées à participer activement et ont donc pris part à des discussions sur des sujets tels que l’éducation transformatrice, la culture des écoles du Sacré-Cœur ou la vision de l’éducation de Madeleine Sophie, ainsi qu’à une table ronde sur les objectifs : comment les vivons-nous et que peut-on faire de plus ? Tous ces sujets ont donné matière à réflexion aux enseignants (individuellement) et aux écoles tandis que nous avions beaucoup à apprendre les uns des autres.
 
 
      
 
L’École internationale du Sacré-Cœur se targue d’être une communauté artistique dynamique et la conférence a été un excellent moyen pour les étudiants et les professeurs d’exprimer leur créativité. Le département des arts créatifs et du spectacle a veillé à ce que chaque invité reparte avec un souvenir : un bol en céramique avec une décalcomanie de Philippine Duchesne. Avec beaucoup de rires et de plaisir, les délégations ont collaboré à un projet d’art commémoratif où chaque équipe a réalisé une peinture à l’aquarelle sur un linoléum inspiré des gravures sur bois. Une magnifique œuvre d’art, représentant les quatre premières religieuses du Sacré-Cœur venues au Japon en 1908 en provenance d’Australie, a été commandée spécialement pour la conférence. Cette œuvre sera exposée de façon permanente à l’École internationale. Une galerie d’affiches informatives des écoles participantes ou des missions a éclairé la communauté sur le travail réalisé dans les écoles de notre réseau. Et comme si cela ne suffisait pas, pendant les pauses de la conférence, les participants ont pu visiter le palais historique magnifiquement restauré qui se trouve sur le campus de Hiroo (Tokyo) et que se partagent l’Université du Sacré-Cœur et l’École internationale.
 
 
 
Des moments de silence et de réflexion dédiés aux enseignements de la conférence ont également été prévus lors des deux jours de programme. Espacio n’était pas à considérer uniquement de façon théorique ; il fallait aussi l’expérimenter dans la pratique. La cérémonie de clôture a été célébrée par le père William Grimm dans la chapelle du campus du Sacré-Cœur ; des citations des mères fondatrices ont été partagées dans le cadre de ce service.  
 
 
         
 
Les conversations échangées le premier jour se sont poursuivies autour de mets délicieux lors du Dîner de Gala le premier soir, lors de la dégustation de fromage et de vin le deuxième soir, et même bien après ! Dans la continuité des solides liens du Sacré-Cœur établis lors de la conférence, le lendemain de l’événement, des invités de l’extérieur de la ville ont pu profiter de l’hospitalité chaleureuse du Sacré-Cœur de Fuji et du Sacré-Cœur de Tokyo lors de visites facultatives.  
 
 
 
Une fois l’événement terminé, les participants à la conférence sont repartis en sentant que leur cœur avait été attisé par le feu de la vision de Madeleine Sophie d’ouvrir des écoles, pour le bien d’un seul enfant. Les commentaires suivants expriment l’esprit de la conférence : « J’ai été illuminée par l’inspiration. L’événement de Tokyo a été incroyable. J’ai eu la chance non seulement d’y participer, mais aussi d’être entourée de mes collègues et amis » ; « Nous avons appris beaucoup de choses et établi de nombreux contacts. Cet événement était parfait sous tous les aspects » ; « Cela m’a donné beaucoup d’énergie pour éduquer et apprendre en tant qu’enseignante de l’école du Sacré-Cœur. J’ai redécouvert mes responsabilités et décidé d’être moi-même ». 
 
 
Charmaine Young
Principale de Lycée 
École internationale du Sacré-Cœur
 
 

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